jeudi 13 novembre 2008
La parole de séverine et Renaud sur la préparation de l'émission
Renaud Dalmar et Séverine : « Il est plus facile d’avoir quatre à cinq semaines pour préparer les sujets, mais parfois beaucoup moins comme pour la crise où c’est du jour au lendemain. On a la partie enregistrement sur laquelle on peut passer 3 à 5 jours et c’est sans compter la partie recherche où le producteur cherche et oriente le sujet. Ensuite une fois le sujet défini c’est le travail avec le chargé de réalisation qui indique sous quelle forme peut être envisagé le sujet. Le boulot du réalisateur est de traduire l’idée du producteur en forme radiophonique car il y a un gros travail d’enregistrement, de montage, travail du son. »
La fabrique de l’histoire et les rendez-vous de l’histoire :
Emmanuel Laurentin : « La première année des Rendez-Vous de lHhistoire, nous n’étions pas présents pour deux raisons. Nous allions au festival du cinéma historique de Pessac à l’époque beaucoup plus connu que les rendez-vous de l’histoire. De plus un accord avait été passé entre les organisateurs des rendez vous de l’histoire et France Inter. Mais des personnes de France Culture dépêchées sur cet événement nous ont confirmé que c’était incontournable pour nous. En effet c’est l’endroit où l’on peut rencontrer notre public, celui de la fabrique et de France Culture. On peut éventuellement grossir leur rang. »
Question : Sur le site internet apparaît un mini programme des rendez vous de l’histoire. Est-ce votre sélection ?
Emanuel Laurentin : « Ce programme et toutes les informations sur les rendez vous de l’histoire émanent de la rédaction même du site internet. Ils ont demandé aux historiens du groupe d’écrire un texte court sur « Comment êtes vous devenus historiens. » Moi j’ai écrit un texte sur le thème « comment ne suis-je pas devenu historien. » »
Question : Sur le site internet apparaît un mini programme des rendez vous de l’histoire. Est-ce votre sélection ?
Emanuel Laurentin : « Ce programme et toutes les informations sur les rendez vous de l’histoire émanent de la rédaction même du site internet. Ils ont demandé aux historiens du groupe d’écrire un texte court sur « Comment êtes vous devenus historiens. » Moi j’ai écrit un texte sur le thème « comment ne suis-je pas devenu historien. » »
Les médias, France culture et l’histoire :
Une de nos interrogations s’est portée sur le rapport entre l’Histoire et le média radio. On s’est demandé si la radio apparaissait aux yeux d’Emmanuel Laurentin comme le meilleur moyen de diffuser l’Histoire. Pour lui l’avantage de ce média se porte surtout sur la relation entre l’auditeur et l’animateur. En effet c’est plus confidentiel, on fait jouer l’imaginaire des auditeurs. De plus la radio permet une liberté que ne laisse pas par exemple la télé, cette liberté elle vient de l’absence de l’image. L’image devient centrale même à la radio avec le développement des sites internet. On observe une grosse demande de la part des auditeurs pour que des images soient mises en ligne. L’équipe et un peu réticente, ce n’est pas dans leur optique. Mais la Fabrique n’est pas pour autant totalement archaïque grâce au développement du Podcast. Au sein de France Culture on croyait que les émissions courtes allaient être les plus téléchargées. Le fait est que ce sont les plus longues qui en bénéficient le plus comme 2000 ans d’histoire, et la fabrique apparaît dans les dix premières parmi les plus téléchargées. Ceci montre la volonté du public d’écouter cette émission.
L’équipe reste très intéressée par le multimédia, elle a de nombreuses idées pour compléter l’émission mais pour le moment ce sont des restrictions de budgets qui bloquent un peu.
L’équipe reste très intéressée par le multimédia, elle a de nombreuses idées pour compléter l’émission mais pour le moment ce sont des restrictions de budgets qui bloquent un peu.
Qui sont les auditeurs de la « Fabrique »:
Emmanuel Laurentin : « la fabrique c’est l’endroit où l’on rend compte des préoccupations des chercheurs auprès d’un public non connaisseur d’histoire, non spécialisé. Nous voulons raccourcir le cycle. Il faut attendre longtemps pour qu’une notion sorte des labos et soit offerte aux publics. On essaie de raccourcir ce cycle entre l’élaboration de l’idée et le moment où elle est communiquée au public […] On tente de diversifier notre public notamment en diversifiant nos formes d’émission. On sait que le public de France Culture est un public particulier. Mais l’exemple du mercredi montre que cette forme convient à un public de non initiés. »
Renaud Dalmar : « Il arrive parfois que nous intervenions en tant que premières oreilles pour signifier aux historiens que leur discussion est inaudible ou alors pour 5 personnes en France. »
Renaud Dalmar : « Il arrive parfois que nous intervenions en tant que premières oreilles pour signifier aux historiens que leur discussion est inaudible ou alors pour 5 personnes en France. »
Les historiens invités de la Fabrique;
Les intervenants : les historiens :
Renaud Dalmare : « Les historiens sont très excités de venir parler de l’actualité en se servant de leur matière. »
Les contraintes de l’émission imposent aux historiens invités de passer correctement au micro. Le choix des historiens sinon se fait en fonction des liens entretenus par les productrices-historiennes avec leurs Universités d’origine et leurs anciens professeurs. Il existe aussi des liens particuliers qui se sont développés avec certains historiens lors des émissions et qui deviennent parfois des conseillers. La place est largement faite aux nouveaux titulaires du Doctorat et aux doctorants.
Le manque de disponibilité des historiens est une contrainte supplémentaire et les duplex restent rarement utilisés.
La Fabrique a la vocation de laisser la place à tout historien, avec l’idée de mettre en avant les débats historiographiques.
L’équipe reste réticente à se faire imposer les sujets d’émissions en fonction de la sortie de nouveaux ouvrages ; ils veulent garder la maitrise de leur programmation.
Il parait intéressant de signaler la présence dans cette émission de témoins. Ces derniers sont invités en l’absence d’historiens. C’est une volonté éditoriale qui refuse les débats fermés imposés par ces deux catégories de personnes qui ont chacune leur regard sur l’histoire. Le témoin a vécu cette période de l’histoire, l’historien l’analyse par des documents, témoignages en procédant par des recoupements. Dans cette optique on peut se demander quelle place est laissée à la mémoire dans l’Histoire. De toute façon le témoin a sa place dans l’émission de la fabrique et il permet à l’auditeur d’entrer dans le sujet de façon moins abrupte que l’historiographie par exemple.
Renaud Dalmare : « Les historiens sont très excités de venir parler de l’actualité en se servant de leur matière. »
Les contraintes de l’émission imposent aux historiens invités de passer correctement au micro. Le choix des historiens sinon se fait en fonction des liens entretenus par les productrices-historiennes avec leurs Universités d’origine et leurs anciens professeurs. Il existe aussi des liens particuliers qui se sont développés avec certains historiens lors des émissions et qui deviennent parfois des conseillers. La place est largement faite aux nouveaux titulaires du Doctorat et aux doctorants.
Le manque de disponibilité des historiens est une contrainte supplémentaire et les duplex restent rarement utilisés.
La Fabrique a la vocation de laisser la place à tout historien, avec l’idée de mettre en avant les débats historiographiques.
L’équipe reste réticente à se faire imposer les sujets d’émissions en fonction de la sortie de nouveaux ouvrages ; ils veulent garder la maitrise de leur programmation.
Il parait intéressant de signaler la présence dans cette émission de témoins. Ces derniers sont invités en l’absence d’historiens. C’est une volonté éditoriale qui refuse les débats fermés imposés par ces deux catégories de personnes qui ont chacune leur regard sur l’histoire. Le témoin a vécu cette période de l’histoire, l’historien l’analyse par des documents, témoignages en procédant par des recoupements. Dans cette optique on peut se demander quelle place est laissée à la mémoire dans l’Histoire. De toute façon le témoin a sa place dans l’émission de la fabrique et il permet à l’auditeur d’entrer dans le sujet de façon moins abrupte que l’historiographie par exemple.
- Etude conjointe de la place des historiens à la radio et dans la presse quotidienne -
L’interview avec Emmanuel Laurentin m’a permis, ayant eu l’opportunité de me rendre au journal libération pour suivre la rédaction du journal spécial consacré aux historiens, de comparer l’intervention des historiens dans les différents médias que sont la radio et la presse quotidienne. Pour les deux, les animateurs font appel aux historiens soit pour qu’ils interviennent en rédigeant des articles ou étant interviewés, soit pour éclairer quelques points de l’actualité. Même si dans l’émission d’Emmanuel Laurentin l’actualité n’est pas l’élément fondamental, les archives sonores servent à appuyer les thèses des intervenants. Dans les deux médias, les références à l’histoire permettent de crédibiliser et d’appuyer mais également d’expliquer et d’approfondir les sujets et thèses abordées. D’autre part, dans les deux médias, il faut que les historiens s’adaptent à la technologie grâce à laquelle ils interviennent. Dans un cas, l’historien doit s’exprimer de façon claire, précise et succincte à l’oral, dans l’autre de façon claire, précise et succincte mais à l’écrit. La forme n’est donc pas la même mais les contraintes de fond le sont.
Bien que dans les deux cas la place, concrétisée par le nombre de caractères ou le temps de parole soit limitée et que cet exercice demande de l’adaptation aux historiens, des numéros spéciaux insistant sur un sujet en particulier peuvent exister. En effet, des pages d’approfondissement sont prévues et des émissions de radio spéciales aussi. De plus, le temps de parole et le nombre de caractères sont illimités sur internet. Les historiens sont donc toujours sollicités mais avec la technologie qu’est Internet, ils peuvent largement s’exprimer avec moins de contrainte de temps et de place.
Bien que dans les deux cas la place, concrétisée par le nombre de caractères ou le temps de parole soit limitée et que cet exercice demande de l’adaptation aux historiens, des numéros spéciaux insistant sur un sujet en particulier peuvent exister. En effet, des pages d’approfondissement sont prévues et des émissions de radio spéciales aussi. De plus, le temps de parole et le nombre de caractères sont illimités sur internet. Les historiens sont donc toujours sollicités mais avec la technologie qu’est Internet, ils peuvent largement s’exprimer avec moins de contrainte de temps et de place.
mercredi 12 novembre 2008
Traces écrites, traces effacées... des exilés en Europe, rencontre avec une "couturière de symboles".



Vendredi 10 Octobre j'étais très motivée pour assister à la conférence inaugurale des Rendez-Vous de l'Histoire bien que cette dernière soit (avec celle de Cohn-Bendit) une des plus attendues du festival. Moi, je ne connais pas cette femme mais elle m'intrigue. Le choix du thème de sa conférence "Traces écrites, traces effacées... des exilés en Europe", l'Europe vue pas les immigrés m'a paru un choix très intéressant alors que les questions d'immigration sont au coeur des débats partout en Europe et particulièrement en France. Je me suis donc un peu intéressée à sa biographie et je me suis lancée dans la file d'attente interminable.
Tout le monde se presse et se bouscule, on chuchote à propos de l'interlocutrice dans les gradins, les appareils photos sont de sortie, le voilà notre festival de Cannes de l'Histoire! Mais tout à coup la foule s'apaise, un homme intervient pour annoncer la remise du prix de l'initiative laïque décerné par les assureurs partenaires de l'événement : la MAIF, la MGEN et la CASDEN. Ce prix vise à récompenser les initiatives en tout genre qui permettent la diffusion et la préservation de la laïcité. Et c'est une compagnie de théâtre alsacienne qui fut récompensée cette fois là, "Mémoire Vive". Le prix est remis à son directeur qui par un bref discours nous explique le but de son action. Cette compagnie souhaite à travers le théâtre rendre hommage aux oubliés de l'Histoire et cela par un dialogue interculturel. Leur dernière pièce est un triptyque autour de l'Histoire coloniale. Cette initiative est saluée par des applaudissements puis le brouhaha recommence.
Mais une fois de plus le silence se fait mais cette fois d'une façon plus marquée, plus solennelle. Assia Djebar vient d'entrer. C'est une dame âgée qui porte sur elle tout ce qu'elle a traversé. Il se dégage d'elle une grande force et une grande intelligence qui impose le respect et le silence à l'hémicycle. Un homme (que je n'ai pu identifier) nous la présente et fait l'éloge de sa carrière d'écrivaine et d'enseignante puis, elle commence.
Elle nous parle du déchirement des gens écartelés entre leur langue maternelle et ce qu'elle appelle la langue "d'hospitalité". Et elle est bien placée pour en parler et elle va se servir de son histoire personnelle et de son expérience, elle la Berbère qui a appris le français à l'école. C'est ainsi qu'elle a appelé son intervention "D'Europe, moi l'étrangère". Elle se d'écrit alors comme une "couturière de symboles" qui a en quelque sorte le devoir de transmettre certaines histoires. Et elle va nous en raconter beaucoup tout au long de son intervention, la ponctuant d'anecdotes glanées un peu partout au travers de ses nombreuses actions. Elle évoque par exemple cette chauffeuse de taxi turque venue en France pour apprendre une langue qui la faisait rêver. Elle nous parle de ces mères immigrées en Europe qui garde leur coeur tourné vers le sud et elle les appelle "les vigies du sud". Elle décrit aussi la tristesse de certaines filles d'immigrées qui ne rêvent que de retourner dans leur pays natal tellement le déchirement est insoutenable. Elle nous décrit parfaitement ce qui divise les générations : les immigrés, leurs enfants, leurs petits-enfants. Elle s'appuie sur ses rencontres avec des femmes immigrées partout en France mais aussi sur des rencontres faites aux USA où elle a vécu et enseigné. Elle parle aussi avec son coeur et son histoire.
Cette femme paraît avoir vécu mille vies et avoir compris beaucoup de choses. J'ai été particulièrement touchée par sa conférence d'où il a émané une certaine sagesse et un message d'espoir en prouvant que l'on peut aimer à la fois sa culture maternelle mais aussi sa culture d'adoption. C'est d'ailleurs pourquoi cette écrivaine écrit aussi bien en berbère qu'en français, faisant ainsi une sorte de trait d'union entre les deux cultures.
M-M H
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